Suite à l’animation d’un atelier d’échange de pratiques organisé en Ile de France, il me parait important de communiquer plus largement sur les expériences de quelques un d’entre nous, sachant que ce n’est pas exhaustif mais néanmoins édifiant.

Suite à l’animation d’un atelier d’échange de pratiques organisé en Ile de France, il me parait important de communiquer plus largement sur les expériences de quelques un d’entre nous, sachant qu’elles ne sont pas exhaustives mais néanmoins édifiantes.

Nourrie par ces échanges et le recul de ma propre expérience, j’aimerai aussi livrer quelques réflexions plus générales sur deux phénomènes qui m’ont surprise lorsque j’ai atterri sur la planète Sous-traitance :

  • la recherche désespérée du  « juste prix »
  • et ce que j’appellerais «  le paradoxe du pseudo-salarié ».

L’atelier d’échanges de pratiques dédié à la sous-traitance – 05 mars – IDF

Le partage d’expérience a fait apparaître le meilleur et le pire. Voici un florilège des pratiques relevées au sein du groupe : IDF_participants_sous-traitance_3

Les TOPs :

  • Intervenir avec le nom commercial de sa propre structure, bien identifié au côté du nom du donneur d’ordre.
  • 1200 euros/j.
  • L’ingénierie pédagogique rémunérée.
  • Paiement à réception de la facture.
  • Clause de non-concurrence limitée à la mission.

Les FLOPs :

  • 30 euros de l’heure sans remboursement des frais de déplacement.
  • Un hébergement imposé en auberge de jeunesse lors des déplacements.
  • Support pédagogique transmis au client final sans l’accord du formateur.
  • Programme « volé » par l’OF.
  • Délai de paiement à 6 mois.
  • Clause de non-concurrence illimitée dans le temps.

La recherche désespérée du  « juste prix »

S’il est impératif d’échanger entre pairs, n’oublions pas de regarder aussi hors de notre bulle professionnelle. Comparer nos conditions d’intervention entre nous, nous permet seulement de prendre acte du marché, de ses pratiques et risque de nous entraîner dans une spirale qui nous tire vers le bas.

Regardons les tarifs horaires d’autres professions libérales :

  • Un artisan (plombier, peintre…) travaille en moyenne à 60 euros de l’heure, sachant qu‘une grande partie de son temps de travail est consacré à la production donc d’une rentabilité élevée.
  • Un expert-comptable facture une consultation ponctuelle à 150 euros de l’heure
  • Un avocat – prenons un exemple dans la moyenne et s’adressant à un particulier – facture 300 euros de l’heure

Et vous, où situez-vous votre expertise ? A combien estimez-vous votre valeur ajoutée ? Où se situe votre seuil de rentabilité ?

La réforme de la formation nous amène à aller vers des prestations plus spécifiques. Il y a un vrai risque à transposer les tarifs des formations « catalogue » où le travail de conception s’amortit au fil du temps, à la formation sur-mesure, l’accompagnement et le conseil, où le travail effectué est non reproductible.

Le paradoxe du pseudo-salarié

J’ai observé à plusieurs reprises ce paradoxe : le donneur d’ordre s’efforce de faire passer son sous-traitant pour un salarié, tant et si bien que le client final – croyant s’adresser à un salarié du prestataire – évoque tout naturellement le coût de la prestation que le donneur d’ordre s’efforce par ailleurs de dissimuler à son sous-traitant ! Vous me suivez ? C’est l’histoire de l’arroseur arrosé, mais c’est surtout le sous-traitant qui trinque.

La marge du donneur d’ordre ne regarde pas le client final, mais le statut de l’intervenant, si !

Sortons des faux-semblants, une relation de partenariat assumée comme telle et affichée, est un gage de professionnalisme pour le client final :

  • Assurance d’avoir le bon expert sur la bonne mission
  • Démonstration de capacités au travail collaboratif
  • Engagements de qualité multipliés par deux au lieu d’être divisés par deux.

Sur ce point également regardons les autres secteurs d’activité comme par exemple les grandes enseignes commerciales ou du service : les partenariats sont transparents, les logos des sous-traitants apparaissent aux côtés de celui du donneur d’ordre, sans que cela nuise à l’image de l’une ou l’autre partie.

Notre statut d’indépendant, n’est pas qu’un statut juridique mais doit devenir une posture : c’est d’ailleurs celle-ci qui prévaut comme critère d’adhésion au SYCFI.
Elle doit nous permettre de résister à la pression de certains donneurs d’ordre qui assimilent la relation commerciale à une relation de subordination.