Cela fait maintenant plus d’un an que la loi de réforme se met, cahin-caha, en place. Que faire en attendant la liste limitative des labels, certifications ou normes que le CNEFOP doit nous fournir (début 2016) ? Que faire en attendant la parution des critères internes communs de reconnaissance de la qualité d’une formation par les financeurs (début 2017) ?
Formaliser ses compétences, mettre en œuvre une démarche de reconnaissance de sa professionnalité, la faire connaître par ses interlocuteurs…

Cela fait maintenant plus d’un an que la loi de réforme se met, cahin-caha, en place. Nous attendons encore la parution de nouvelles listes, décrets, et autres critères qui devraient nous permettre d’inscrire nos actes professionnels dans le cadre de cette loi.

La dernière publication en date est celle du décret sur la qualité de l’offre de formation, présenté et commenté dans notre Guide professionnalisation.

Mais au-delà d’une information claire et complète, nous avons d’ores et déjà besoin d’outils et de repères pour contrer les premiers impacts de la réforme sur notre activité ; impacts particulièrement nuisibles à la pérennisation de nos structures – du moins pour l’instant.

En effet, le constat est amer : attentisme des financeurs, incertitudes et peurs – souvent irrationnelles – de nos clients, renvoi aux calendes grecques d’actions de formation, épouvantail du CPF et d’une fantomatique « obligation de ne financer que des formations certifiantes/qualifiantes » ; avec à la clé une baisse significative de chiffre d’affaire, une nette réduction du nombre de jours d’intervention.

Que faire alors en attendant la liste limitative des labels, certifications ou normes que le CNEFOP doit nous fournir (début 2016) ?

Que faire alors en attendant la parution des critères internes communs de reconnaissance de la qualité d’une formation par les financeurs (début 2017) ?

Combien d’entre nous seront encore en activité d’ici là, au rythme où vont les choses, au gré des décisions iniques et unilatérales de certains organismes de formation qui fragilisent encore plus et plongent dans toujours plus de précarité nombre de Consultant-Formateurs Indépendants ?

Comme le Centre Inffo l’a reprécisé en introduction de sa matinée d’information du 30 juin dernier (« Décret qualité des actions de formation : prestataires, sachez répondre aux exigences des financeurs ») si l’activité de prestation de service de formation continue est réglementée (voir l’obligation légale de déclaration d’activité et le respect des obligations des articles L. 6352-3 à L. 6352-5, L. 6353-1, L. 6353-8 et L. 6353-9 du Code du Travail), la profession, elle, n’est pas réglementée ; ou du moins pas encore…

Ce que préconise ce décret tend néanmoins vers un encadrement de l’exercice de la profession de prestataire de formation (aussi de « dispensateur » ou « d’offreur » de formation), avec son focus sur la qualification professionnelle et la formation continue des personnels chargés des formations.

Si la notion de « Qualification » regroupe à la fois celles de certification professionnelle (certificats, titres & diplômes inscrits au RNCP) et d’expérience professionnelle (dans les domaines d’intervention comme dans l’exercice de l’activité de Formateur), la formation continue des intervenants est clairement désignée comme un critère de qualité.
Or, cette professionnalité des offreurs de formation requise par le législateur, et revendiquée par les dispensateurs eux-mêmes, doit pouvoir trouver le moyen d’être reconnue par une démarche accessible au plus grand nombre et validée à la fois par les financeurs, le législateur (les pouvoirs publics) et le groupe professionnel des CFI.

C’est dans cette optique que s’inscrit la démarche du Répertoire Professionnel des Consultants Formateurs Indépendants – le RP-CFI.

RP-CFI

Depuis le mois de Mai, et suite à une entrevue avec Jean-Marc HUART, sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP, le SYCFI travaille avec les services de Stéphane REMY, Chef de mission Organisation des Contrôles à étudier et valider la conformité de la démarche d’enregistrement au RP-CFI avec les exigences du décret.

D’ailleurs, Stéphane Remy en ouverture de la matinée du Centre Inffo a pointé que les Consultants-Formateurs Indépendants, représentés par le SYCFI, s’inscrivaient d’ores et déjà dans cette démarche de mise en conformité de leurs pratiques professionnelles avec ces nouvelles exigences.

Formaliser ses compétences, mettre en œuvre une démarche de reconnaissance de sa professionnalité, la faire connaître par ses interlocuteurs commerciaux, financeurs, prescripteurs et commanditaires (et même bénéficiaires), en faire attester l’authenticité par le groupe professionnel des CFI, telle est la raison d’être du Répertoire Professionnel des CFI.

Notre prochaine étape, présenter le RP-CFI et la légitimité de sa démarche aux financeurs eux-mêmes.

Philippe Dole, Directeur Général du FPSPP évoquait à cette même matinée la prochaine production d’un corpus de règles communes aux organismes paritaires pour faciliter le référencement des prestataires.

Gageons que le SYCFI, Syndicat professionnel représentant les Consultants-Formateurs Indépendants, et reconnu comme tel par les acteurs publics que sont le Centre Inffo et la DGEFP saura proposer sa collaboration afin que les CFI puissent inscrire leur actes professionnels dans cette même démarche.